Que s’est-il passé?

Au début du mois, la Banque du Canada a annoncé qu’elle relevait son taux directeur pour passer de 1% à 1.25%, et son gouverneur Stephen Poloz a indiqué que les Canadiens devaient se faire à l’idée d’autres augmentations à venir. Les autres institutions financières majeures canadiennes lui ont emboité le pas en augmentant aussi leurs taux directeurs.

 

Qu’est-ce que cela signifie?

À la suite de la crise financière de 2008, les banques centrales avaient abaissé leurs taux afin de stimuler l’économie et de sortir de la régression. Maintenant que de nombreuses économies sont revenues à des positions plus stables, les banques reviennent à des taux d’intérêt débiteurs plus élevés pour soutenir une économie de croissance plus forte. La Banque du Canada s’est appuyée sur des rapports économiques solides, notamment un fort taux d’emploi et une forte croissance du PIB, afin de justifier la légère augmentation de la semaine dernière.

Cela ne veut pas dire que si vous faites un emprunt demain que son taux va être supérieur de 0.25% par rapport à ce que vous auriez eu la semaine dernière. Le taux d’intérêt directeur n’est pas le taux que vous, en tant que particulier, obtenez à la banque. Il s’agit d’un taux du court terme, autrement appelé taux du financement à un jour; c’est un taux que les institutions financières principales emploient lorsqu’elles se prêtent les unes aux autres des fonds pour une journée.

 

Comment mes investissements en sont affectés?

Alors qu’une partie du marché obligataire peut bien se porter lorsque les taux augmentent, il est généralement admis que lorsque les taux d’intérêt montent, les investisseurs devraient éviter d’acheter des obligations à long-terme et des obligations négociées sur le marché. Regardons ces deux possibilités.

 

Les obligations négociées sur le marché

Dans un climat de hausse du taux d’intérêt, la valeur des obligations négociées sur le marché baisse. La raison est qu’il y a une relation inverse entre le prix d’une obligation et son rendement.

C’est plus simple que ça en a l’air.

Imaginez que vous investissez 1000 $ dans des nouvelles obligations négociées en Bourse qui promettent un rendement de 4%. La semaine prochaine, les taux augmentent soudainement de 1%. Maintenant les nouvelles obligations proposent un rendement de 5%. Si vous envisagez de vendre vos obligations à 4%, cela sera difficile car les investisseurs attendent un rendement plus élevé. En réalité, si vous vouliez vendre votre obligation, il faudrait le faire avec un rabais (c’est-à-dire une valeur nominale inférieure aux 1000 $ que vous aviez payés initialement) afin d’améliorer l’offre et de remonter la valeur de l’obligation à 4% pour pouvoir atteindre une même valeur que la nouvelle obligation à 5%.

 

Obligations à court-terme ou à long-terme

Pour éviter les obligations à long terme dans un climat de hausse des taux d’intérêts, la logique est simple. Les obligations avec une échéance plus longue sont plus sensibles aux hausses des taux. Acheter une obligation à 2% avec une échéance de 10 ans lorsque les taux peuvent augmenter peut vouloir dire devoir vendre avec un fort rabais et/ ou faire l’impasse sur une obligation future à 2.5% ou 3% et des bénéfices potentiels à venir.

Il est important de mentionner que les changements de taux conduits par la Banque du Canada mettent du temps à s’étendre et à impacter le marché plus large. Par exemple, l’obligation à 10 ans de la Banque du Canada s’échangeait à 2.167% avant la hausse du taux de 0.25%. Une semaine plus tard, elle s’échangeait à 2.22%. En d’autres termes, l’obligation à 10 ans est seulement montée de 0.05% suite à la hausse.

 

Quelle stratégie pour les obligations lors des hausses de taux d’intérêt?

Obligations privées

Une autre option pour certains investisseurs recherchant la stabilité d’un produit à revenu fixe est d’investir dans une obligation privée. Contrairement aux titres négociés sur les marchés, la valeur des obligations privées ne varie pas. Hormis le risque, les détenteurs d’obligations peuvent espérer récupérer leur capital en totalité à l’échéance plus le paiement des intérêts promis.

Les obligations privées, comme les autres placements non corrélés aux marchés, peuvent être utilisées par les investisseurs afin de se diversifier stratégiquement en protégeant une partie de leur portefeuille d’investissement des variations générales du marché.

Étant donné que les obligations privées nécessitent que l’investisseur ne sacrifie un peu de liquidités (car les obligations doivent être détenues jusqu’à échéance sans possibilités d’échange), les investisseurs sont souvent récompensés par ce qu’on appelle une « prime de liquidité », ou plus simplement dit des taux d’intérêts et des bénéfices plus élevés. Cela peut ensuite constituer un petit coussin de protection contre les hausses du taux des banques centrales.

Pour vous donner un exemple, les obligations vertes de CoPower sont un produit de placement accessible aux investisseurs particuliers. Les obligations vertes de CoPower avec un terme de 5 ans offre un taux d’intérêt de 5%, ce qui constitue un coussin solide considérant que les autres obligations, comme les obligations d’État dépassent juste les 2%. Alors que nous ne pouvons pas prévoir les tendances à venir des taux d’intérêt, il est peu probable que les taux des obligations sur le marché plus large parviennent à un seuil où le coût de renonciation ne devienne un souci. Et comme ces obligations ne sont pas échangées sur le marché public, les investisseurs peuvent être tranquilles d’esprit de savoir que ce qu’ils voient est ce qu’ils auront.